Belle de nuit : semis, culture et floraison

La belle de nuit (Mirabilis jalapa) est une plante vivace à racine tubéreuse, cultivée comme une annuelle dans la plupart des régions françaises. Ses fleurs en trompette s’ouvrent en fin d’après-midi, parfument la soirée et fanent le lendemain matin. Elle se sème de mars à mai et fleurit de juin à septembre, en pleine terre comme en jardinière.

La belle de nuit, une fleur du soir

Originaire d’Amérique tropicale, du Mexique au Pérou, la belle de nuit est arrivée en Europe à la fin du XVIe siècle. On l’appelle aussi « merveille du Pérou ». Elle forme une touffe très ramifiée de 50 cm à 1 m de haut selon le sol et le climat.

Chaque fleur ne dure qu’une nuit. Elle s’ouvre en fin de journée, souvent entre 16 h et 18 h, plus tôt par temps couvert, puis se referme au matin. D’autres fleurs prennent le relais le soir suivant. Le parfum, proche de celui du tabac d’ornement, se sent surtout en début de soirée. Dans son pays d’origine, ce sont des sphinx, des papillons de nuit, qui la pollinisent.

L’espèce fleurit en blanc, jaune, rose, rouge ou magenta, et un même pied peut porter des fleurs de couleurs différentes, parfois striées. Notre belle de nuit rose donne des fleurs d’un rose vif.

Semer la belle de nuit

Semez de mars à mai. Les graines sont noires, ridées et assez grosses pour se manipuler une à une. Faites-les tremper 12 à 24 heures dans de l’eau tiède avant le semis, elles lèveront plus vite.

  • Sous abri, en mars et avril : semez 2 graines par godet, dans un terreau léger gardé humide, vers 18 à 20 °C. Installez les plants dehors en mai, une fois les gelées passées.
  • En pleine terre, en mai : semez directement en place quand la terre s’est réchauffée, par poquets de 2 ou 3 graines, puis éclaircissez pour ne garder qu’un plant par poquet.

Laissez au moins 30 cm entre les pieds. La floraison commence environ trois mois après le semis : un semis de mars fleurit donc plus tôt qu’un semis de mai. Les autres fleurs à semer en même temps sont sur nos pages semis de mars, semis d’avril et semis de mai.

La belle de nuit en jardinière ou en pot

La belle de nuit pousse bien en jardinière, sur un balcon ou une terrasse où l’on profite de la soirée. Choisissez un contenant percé d’au moins 20 cm de profondeur, avec une couche de drainage au fond, et remplissez-le d’un mélange de terreau et d’un peu de terre de jardin. Gardez environ 30 cm entre deux plants.

En pot, la plante reste plus basse qu’en pleine terre. Arrosez quand le terreau est sec sur quelques centimètres et videz la soucoupe après l’arrosage : la racine pourrit dans l’eau stagnante. Un engrais pour fleurs dilué dans l’eau, de temps en temps pendant l’été, entretient la floraison.

Pour garnir le bord de la jardinière, associez-la à des fleurs plus basses semées aux mêmes mois, comme la tagète tachée ou le souci des jardins, ou laissez retomber une capucine.

Culture et entretien

Installez-la au soleil ou à mi-ombre, dans un sol léger, riche en humus et bien drainé. Elle supporte la chaleur, mais pas une terre détrempée. Arrosez au pied pendant les périodes sèches, sans excès. Retirer les fleurs fanées prolonge la floraison. Gardez-en quelques-unes si vous voulez récolter des graines.

Garder la racine tubéreuse l’hiver

La belle de nuit forme une grosse racine tubéreuse noirâtre qui lui permet de repartir chaque printemps là où il gèle peu. Elle ne supporte que de faibles gelées.

  • Régions aux hivers doux (Bretagne, Midi) : laissez la racine en terre, coupez les tiges fanées et couvrez le pied d’un épais paillis de feuilles mortes.
  • Régions froides : à l’automne, quand le feuillage jaunit ou noircit après les premières gelées, déterrez la racine comme celle d’un dahlia. Laissez-la sécher quelques jours, puis gardez-la hors gel dans un local frais et aéré. Replantez-la au printemps, après les dernières gelées, à une dizaine de centimètres de profondeur.
  • En pot : cessez d’arroser quand les tiges jaunissent, puis rentrez le pot hors gel, dans un endroit sombre. Rempotez en avril.

Une racine gardée d’une année sur l’autre donne une plante qui fleurit plus tôt qu’un semis.

Ressemis, graines et toxicité

La belle de nuit se ressème souvent seule, surtout en climat doux. Les jeunes plants lèvent au printemps autour du pied et peuvent devenir envahissants : arrachez ceux qui gênent dès leur levée.

Pour récolter vos graines, attendez la fin de l’été. Les graines mûres sont noires et se détachent facilement. Ramassez-les par temps sec, laissez-les sécher quelques jours, puis rangez-les au sec dans une enveloppe en papier. Si des belles de nuit d’autres couleurs fleurissent à côté, vos semis pourront donner des teintes différentes.

Attention : les graines et les racines sont toxiques si on les avale. Gardez les graines hors de portée des enfants et des animaux, ramassez celles qui tombent près d’un coin de jeux, et rangez les racines hivernées hors d’atteinte.

Questions fréquentes

Quand semer la belle de nuit ?

De mars à mai : en godets à l’abri en mars et avril, ou directement en place en mai quand la terre s’est réchauffée. Faites tremper les graines 12 à 24 heures avant de semer.

À quelle heure s’ouvre la belle de nuit ?

En fin d’après-midi, souvent entre 16 h et 18 h, et plus tôt par temps couvert. Chaque fleur reste ouverte une nuit et se referme le lendemain matin.

La belle de nuit revient-elle chaque année ?

Oui là où il gèle peu, car sa racine tubéreuse repart au printemps. Dans les régions froides, déterrez la racine à l’automne et gardez-la hors gel, ou ressemez des graines au printemps.

La belle de nuit est-elle toxique ?

Ses graines et ses racines sont toxiques si on les avale. Gardez les graines hors de portée des enfants et des animaux.